Son histoire

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Monographie de Trizac - 1824

TRISAC, commune du canton de Riom, arrondissement de Mauriac, a 27 villages ou hameaux,
270 maisons et 1 591 habitants. Située dans la montagne, l'air y est très vif. Il y a de grands pacages
et quarante vacheries dont les bestiaux et les fromages sont estimés. Plusieurs ruisseaux
et la rivière
de Marliou arrosent ses prairies. Le bois y est très rare. On remarque cependant les
taillis en
hêtre de Marliou. Les terres sont d'assez bonne qualité, mais les récoltes se trouvent
souvent
enlevées par les gelées et le long séjour des neiges. Il y a un poids public à Trizac, pour
peser les
fromages des montagnes voisines.
La route projetée de Mauriac à Murat, doit traverser le chef
lieu qui est assez bien bati. On remarque sur la place une belle maison bourgeoise
à la famille
Thuret et la fontaine qui est ancienne et abondante. L'église n'a rien de remarquable que
son ancienneté.

La charte de Clovis en indique trois à Trizac, dédiées à sainte Marie, à saint Jean-Baptiste et à saint Beauzire, patron du lieu, ainsi que
Notre-Dame (l'Assomption). Gaillarde de La La Tour dota l'église de Trisac par son testament en 1270. Il y a une chapelle à Lieuchy et
une autre à la Chassagne. On voit les châteaux de Chavaroche et de La Veyssière qui appartenait à Guillaume de la Veyssièrechevalier
en 196, ainsi que les ruines de Cheyrouse.
Guillaume, compteur de Sagnes, possédait
celui-ci en 1402 et Françoise de Chalvet, héritière de la maison de Peyre, était dame de Trisac
et de Cheyrouse en 1570. La famille de Chalvet a produit quelques personnages distingués, savoir : Mathieu Chalvet, président au
parlement de Toulouse et neveu de Lizet, mourut en 1607 ; il fut trèsaimé d'Henri  IV, son fils François lui succèda dans sa charge,
Hyacinthe Chalvet, célèbreprédicateur et théologien, mourut à Toulouse en 1683.
On voit à Lieuchy un château qui, en 1540, était à Jean de Valents. Près le lieu de Ternat, où sontles ruines, dit-on, d'un couvent ;
se découvrent celles du fort de Pérol sur un monticule. Etienne de Pérol était châtelain de La Tour en 1353. Dans les bois de Marliou,
qui est un taillis considérable,couvrant un vallon étroit, se remarquent un grand nombre d'hérials de maisons entre lequels on
distingue des rues et, autour, au M. une sorte de fortification ou rempart, fait en pierre et terres amoncelées. La tradition appelle cette
ville ruinée Cotteughe mais on ne trouve nul indice écrit deson existence ; j'ai seulement observé par des fouilles qu'elle avait été
incendiées. Plus bas, dans lemême vallon, sont les ruines du village de Frey-de-Fond, encore habité au XIVème siècle. En remontant
la petite rivière, on remarque avec surprise qu'elle s'est creusé un litdans le basalte, surune longueur de vingt toises et forme ensuite
une jolie cascade. Dans la moutagne de Cayrounetse trouve la fameuse fontaine dit Fon-Bourdoire ; elle est intermittente et ne coule
que les annéesde disette ; je crois pouvoir l'expliquer ainsi : il faut supposer qu'il existe au-dessous, et à unegrande profondeur, un
souterrain ou citerne anturelle très vaste qui recevrait de fort loin les eauxdes montagnes voisines, à travers les crevasses, pierrailles
et masses volcaniques entassées et recouvertes par le gazon. Il y a sans doute dans le fond du réservoir une issue pour l'écoulement
habituel de ces eaux, mais souvent obstruée par les sables et autres objets chariés par elles.
Lorsqu'elles deviennent abondantes après de longues pluies, toujours contraires aux récoltes etavant-coureur de la famine ; ne pouvant
s'écouler assez promptement par l'issue inférieure, elless'élèvent et conséquemment sortent par l'embouchure de la Fon-Bourdoire
toujours en bouillonnant et en quantité, étant comme refoulées par celles qui arrivent encore, lequelles ne peuvent se faire jour autre part.
Cette intermittence ne serait donc que l'effet d'un trop plein qui prend son cours par-là à des époques déterminées par l'obstruement de
l'issue inférieure. Son nom de Bourdoire vient du bruitqui font les eaux en s'écoulant.
C'est le thermomètre des habitants du pays ; ils s'effraient pour l'avenir lorsqu'ils voient cettefontaine couler abandamment et longtemps,
se réjouissant quand elle est à sec. En 1817, elle a fourni un triste exemple de disette. Certains marais en Provence lui sont analogues.
Les foires de Trisac sont les 19 mai, 29 juin, 24 août, 18 septembre, 2 novembre et à la mi-carême. Celle du 19 mai est réputée la meilleure
foire du pays. Il s'y vend un nombre infini de vaches appelées manes pour être engraissées dans les montagnes du Mont-d'Or, du Cézallier
et autres. Les villages et hameaux dépendants de cette commune sont :

Chamblat
Chavaroche
Chauvel
Cheyrouse
Combes
Fonrouge
La Besseyre
La Chassagne
La Coste
La Levade
Leybros
Lieuchy
Manclaux

  La Margerie
Las Bessonnies
Las Doux
Las Prades
Las Taules
Laurichesse
La Veyssière
Le Fayet
Le Moulin-de-Trisac
Le Moulit
Sagne Monteil
Ternat
Vrauzans

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